Étape à La Maison du Conte

6/8 rue Albert Thuret - 94550 Chevilly-Larue

tel : 01.49.08.08.85 - www.lamaisonduconte.com

17 octobre / Chantier de création




Petit flashback en octobre : entre la résidence de Pont-Scorff et celle de Cergy-Pontoise, Abbi est revenu à la Maison du Conte... Ce soir du 17 octobre, il présente pour la première fois devant le public de la Maison du Conte - des habitants de Chevilly, des conteurs, des étudiants de l’Université de Créteil... - une ébauche d’Un monde sans portes, dans le cadre d’un chantier de création. Alexis est également présent, derrière la console. Abbi ne cache pas son appréhension et, dans son introduction, il ne manque pas de préciser que c’est une étape de travail, qu’il n’hésitera pas à s’arrêter en cas d’oubli, d’erreur... Il nous explique, comme à Pont-Scorff, le choix du thème des portes et le pourquoi de la présence du piano. Ce rêve qui le suit depuis des années : intégrer l’instrument de son enfance, de son intimité dans un spectacle de conte. Et il raconte l’acquisition d’une porte dogon... Puis il se déplace au centre de la salle et commence par un texte sur « la forge de la parole », directement inspiré de la mythologie dogon, écrit avec Praline Gay-Para, d’après les récits de Geneviève Calame-Griaule. C’est un texte dense, rempli d’images inhabituelles. Abbi raconte en mêlant les mots aux gestes, une gestuelle de "portes corporelles", avec un jeu subtil sur le son, sur le souffle, enregistré, mis en boucle et mixé en direct par Alexis. Il y a également un passage au piano. Puis Abbi enchaîne avec d’autres histoires : Tir Na Nog, l’histoire du gars mis à la porte, que termine la Chanson des Portes, et enfin Solsun. Après quelques minutes de pause, s’instaure un dialogue avec le public. Plusieurs thèmes apparaissent clairement dans les interventions des auditeurs.
Le travail sur le mouvement est perçu de façon très variée. Pour certains, le geste est encore mécanique ou illustratif. D’autres y ont vu la force du langage corporel, évoquant le langage des sourds-muets et même la dimension ancestrale de l’échange humain. Abbi explique qu’il est encore dans l’appropriation de ces gestes, dans la quête d’une forme de justesse par rapport au contenu des histoires.
L’auditoire exprime aussi sa surprise et son plaisir d’avoir découvert en Abbi Patrix un musicien fragile et touchant. Le piano permet de créer d’autres ambiances, il contribue à faire passer le spectateur d’un état d’émotion à un autre. Abbi pense que les parties au piano sont comme un écho du coeur pour l’histoire, offrant une dimension plus profonde, plus intime aux textes.
Enfin, une longue discussion s’engage sur la construction du spectacle et donc sur l’ordre des histoires, sur les transitions entre elles, ce qui mène tout naturellement à la question de l’intention liée à ces choix, au sens global de la création. Pépito Matéo présent ce soir-là : "Toutes les portes que tu vas installer, il faut que tu les refermes. Chaque histoire est une porte ouverte. Et chaque porte doit s’ouvrir sur une nouvelle porte. On ne peut pas installer quelque chose gratuitement." Abbi acquiesce et ajoute : "Parfois, seul un mot, un geste, un regard peut suffire pour passer d’une porte à un autre, d’une histoire à une autre. Ouvrir les portes et ne pas les refermer, cela correspond à une nature... qui n’est pas la mienne. Je ne pourrai pas assumer de ne pas refermer les portes que j’aurais ouvertes." L’ordre des histoires n’est absolument pas déterminé. Le texte sur « la forge de la parole », présenté en premier ce soir-là, est effectivement un texte fort, qui donne une direction, un ton pour la suite. L’intensité de cette histoire implique de "maintenir le cap"... Mais à l’heure actuelle, les choses sont loin d’être figées.

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