
Edito Paroles d'un jour, par Abbi Patrix Les complices
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23 novembre / Chantier avec des professionnels de la petite enfance
L’auditoire d’Abbi pour la soirée est composé de professionnels de la petite enfance de Chevilly-Larue. Ce sont pour la plupart des femmes, mais certaines sont venues avec leur compagnon. Abbi commence par leur rappeler qu’il y a trois ans, lors d’un chantier concernant son précédent spectacle Au bout du monde auquel certaines d’entre elles étaient présentes, il avait déjà raconté une histoire de porte... Comme quoi, le conteur passe son temps à raconter la même histoire... Et le voilà qui reprend cette même histoire... C’était au début de sa carrière de conteur, il racontait dans une école maternelle et ne connaissait pas encore très bien le public des tout-petits. Abbi usait de grands gestes, de grosses voix qui inquiétaient un peu les petits. L’histoire mettait en scène un ours norvégien. Au moment où l’ours devait apparaître, a brusquement surgi par la porte de la classe l’inspectrice présente dans l’école ce jour-là, intriguée par le brouhaha qui régnait dans la salle. Évidemment elle fut accueillie aux cris apeurés de "Madame l’ourse !". Ce qui a bien plu à l’institutrice...
Puis Abbi continue avec un autre récit personnel concernant sa mise à la porte de la classe au lycée. On sent, à travers les sourires, les réactions, que cette histoire parle à tout le monde... Et puis direction le Mali, le pays dogon, on découvre la forge de la parole ; on rejoint ensuite Ali qui finit, encouragé par le public, par ouvrir toutes les portes étranges du palais ; enfin, l’histoire de Solsun.
Là encore, le sujet des portes fait mouche. Certaines des femmes présentes, originaires du Maroc ou du Mali, expriment la surprise ressentie à leur arrivée en France : toutes ces portes fermées, cela n’était pas du tout naturel pour elles... Le débat s’instaure autour de l’introduction d’éléments réels au sein de la fiction. Comment Abbi peut-il évoquer le 11 septembre dans Solsun ? Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Certains apprécient ce mélange qui leur permet de s’interroger davantage sur le monde actuel. Alors que d’autres sont entravés dans leur rêverie. Les spectateurs s’interrogent également sur la démarche d’Abbi : "Recueillir nos impressions vous permet de peaufiner le spectacle ?" Abbi de répondre : "Le fait d’essayer, de faire devant vous, c’est déjà intéressant pour moi. Je peux essayer de nouvelles choses. Par exemple ce soir m’est apparue une nouvelle image. Le dessin tracé pour le renard pâle qui va donner une réponse à ma question, en pays dogon, c’est une porte de divination, encore une porte dont je n’avais pas conscience..."
La soirée, animée, s’achève par ces mots d’une assistante maternelle : "Les histoires donnent de l’espoir. Quand on ouvre les portes des personnes que l’on rencontre, on se rend compte que la plupart des gens ont des choses extraordinaires à raconter. Ces récits donnent de l’espoir et l’envie de la rencontre avec l’autre."
