Étape à La Maison du Conte

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25 novembre / Contes à domicile chez Katrin Baumann

Ce soir, Katrin Baumann nous fait le plaisir de nous recevoir chez elle, à Paris. Elle a invité ses amis pour une soirée d’un genre nouveau pour eux : une soirée de contes, qui sera l’occasion pour tous de découvrir le travail d’Abbi. "A priori, c’est un contexte inhabituel pour raconter, et pourtant, d’une certaine façon, nous procédons ensemble à un retour vers la tradition du conte : le conte à la maison...", remarque Abbi.
Chacun s’installe... Dans l’assistance, Abbi remarque que son amie Praline lui a fait la surprise de venir... En pleine lumière, à quelques centimètres de ses auditeurs, Abbi raconte. Son voyage en pays dogon, l’histoire de Pharaon, celle d’Ali, et, pour la première fois, une histoire personnelle sur les circonstances dans lesquelles il s’est fait réformer de l’armée. Il tisse, entremêle contes traditionnels et souvenirs intimes. L’assemblée est attentive, s’enthousiasme quand il faut décider d’ouvrir ou non les portes du palais d’Ali.
Et puis, après une pause, la discussion s’ouvre. Il est question de la structure des histoires, de cette façon qu’elles ont de se répondre, de s’imbriquer même parfois. On retrouve ceux qui préfèrent refermer la porte d’une histoire pour pénétrer, l’esprit tranquille, dans l’univers de la suivante ; ceux qui préfèrent les portes entrebâillées ; ceux qui manifestent leur plaisir à ignorer le seuil entre vérité et mensonge...
Se pose également la question de la participation du public. En les invitant à se manifester, qu’est-ce qu’Abbi attend d’eux ? Simple procédé destiné à rythmer le récit ? Ou réel désir de voir le spectateur partager une histoire à lui ? C’est l’occasion pour Abbi d’expliquer que la réponse n’est pas tranchée. Un code s’instaure entre le conteur et son public ; et ce code est flou. On ne se connaît pas, on se découvre au fur et à mesure de la soirée. Le conteur fait tout son possible pour rendre son public actif, pour établir le contact avec lui, pour ne pas abandonner une partie de l’auditoire qu’il sent, à certains moments, s’éloigner. Il cherche l’approbation du public, car c’est quand il se sent approuvé que le conteur devient intéressant, qu’il peut oser prendre des risques.
Enfin, les spectateurs s’interrogent sur la place du corps du conteur. Abbi souligne qu’il n’y a pas que son corps en présence : il sent à quel point le récit a une incidence sur le corps des auditeurs. Quant au rôle de son propre corps, il varie en fonction de la situation. Rien à voir entre la proximité avec trente personnes dans le salon d’un appartement et le rapport avec une salle de spectacle de trois cents personnes. Alors argumenter sur l’utilisation du corps dans le conte ? L’art du conte tel qu’Abbi le conçoit ne peut que s’éprouver par l’expérience du spectacle... Ensuite, chacun pourra exprimer sa préférence, toute subjective...

Un grand merci à Katrin Baumann pour son accueil et à Corinne Blanc pour l’organisation de la soirée.

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