Étape à L’apostrophe, scène nationale

Place des Arts - 95027 Cergy-Pontoise

tel : 01.34.20.14.14 - www.lapostrophe.net

26 octobre / Interview de Jean-Joël Le Chapelain, directeur de L’apostrophe

L’apostrophe, une scène nationale en région parisienne
Je suis Jean-Joël Le Chapelain, j’ai en charge la scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, baptisée L’apostrophe à mon arrivée en 1999, et qui rassemble deux lieux : un théâtre de deux cents places à Cergy-Préfecture et un théâtre de six cents places à Pontoise. Ce dernier a eu le désagrément d’être brûlé dans le cadre des émeutes de 2005 et est actuellement en reconstruction. Comme toutes les scènes nationales, nous avons un projet pluridisciplinaire, qui s’appuie sur trois pôles : le théâtre, la danse et les musiques. Pour chacune de ces disciplines, nous accueillons un artiste en résidence, sur une période plus ou moins longue en fonction du projet. Il y a donc une présence continuelle des artistes dans le lieu. En ce moment, nous recevons Andy Emler, compositeur de jazz et musiques improvisées, le chorégraphe François Verret et Abbi Patrix. Nous proposons cette saison quarante-sept spectacles. Nous avons aussi dans chaque théâtre un espace, dans le hall, pour accueillir une proposition en arts plastiques. Cette dimension arts plastiques est un des compléments essentiels de l’activité spectacle vivant. Elle est souvent, sinon systématiquement, l’occasion d’une action de sensibilisation menée avec des groupes scolaires, des associations, des institutions socio-médicales...

La rencontre avec Abbi Patrix
Je connais Abbi depuis longtemps. J’ai commencé à voir ses spectacles il y a fort longtemps. J’ai eu l’occasion de suivre son travail quand il était en résidence à l’Agora, la scène nationale d’Évry il y a quelques années. J’avais discuté avec le directeur de l’époque, Bernard Casterra, de la présence de cet artiste qui travaillait sur les questions de la parole, de la transmission, de la fiction... Et puis j’ai été très impressionné par les spectacles qui ont découlé du travail avec la population locale et par le livre Eclats d’histoires. Ensuite, il y a eu le spectacle Parole avec la chorégraphe Pascale Houbin et le comédien Levent Beskardes... J’ai d’abord programmé ce spectacle à Cergy. Et puis on était en recherche d’un projet pour fédérer les énergies locales. Depuis plusieurs années, je réunissais régulièrement les responsables des services culturels de l’agglomération, dans l’espoir de créer un réseau et de monter un événement commun. En effet, il n’existe pas d’événement identificateur de l’agglomération. On a développé une première idée, quasiment jusqu’à sa réalisation mais tout est tombé à l’eau. C’est là que j’ai fait appel à Abbi. Quelque chose réunissait toutes les communes de l’agglomération : le conte, à travers notamment le travail des bibliothèques et la présence d’une association qui organise une nuit du conte. J’ai donc associé Abbi et Véronique Bourlon, son administratrice, à ces réunions et on a construit ensemble l’idée de faire circuler la parole. Abbi a trouvé le nom du projet : TransOral Express. Le projet avance, la réalité est compliquée mais peu à peu, certains s’y intègrent et je pense qu’on va finir par fédérer la majorité des villes de l’agglomération.

Cergy et Un monde sans portes...
Et puis on peut imaginer qu’une partie des éléments échangés dans le cadre de ce projet pourra peut-être passer par le filtre, la cervelle, les tripes, le coeur de l’artiste, qui ressort autrement ce qu’il a vécu, entendu... Le prochain spectacle d’Abbi pourrait donc avoir quelques racines ici...
Quant aux portes, on avait abordé cette question au tout début du projet, en réfléchissant à l’idée d’entrer dans le territoire des douze communes de l’agglomération, car chaque commune a sa porte. Toujours est-il qu’Abbi m’a apporté un jour une énorme documentation sur ce thème, qui a continué à alimenter notre réflexion sur le territoire. Abbi a d’ailleurs rencontré notre conseiller artistique en arts plastiques, Loïc Loeiz Hamon, avec qui est née l’idée d’une collaboration autour de la représentation du territoire, qui mettrait à contribution les habitants, à l’occasion de l’inauguration du bassin de l’Axe Majeur en 2008.

Retour