Étape à La Maison du Conte

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27 septembre / Bruits de pas, bruits de portes...




Aujourd’hui, Abbi retrouve Michel et Alexis. Dans un angle de la pièce, un paperboard a fait son apparition ; on y découvre deux colonnes : la liste des histoires sélectionnées dans l’une, le traitement sonore attribué à chacune d’elles dans l’autre.

Alexis, concentré, parle peu, il est derrière la table de mixage et ne cesse de bidouiller... Michel et Abbi, côté à côte. Tous les trois écoutent des bruits de portes et de pas, enregistrés pendant toute une journée au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines. Des bruits inquiétants, des bruits chaleureux, des bruits métalliques... Les sons sont si variés qu’ils semblent provenir de divers endroits...

"Il y a trop de sons de pas et pas assez de bruits de portes, lance Abbi. Ce qui est beau, c’est lorsqu’on perçoit les changements d’espaces." Michel remarque qu’il faut raccourcir. Une réflexion sur le tout début du spectacle s’instaure : où se positionne Abbi ? est-il déjà sur scène ? vient-il des coulisses ? quel jeu de lumières ? "Il faut que la bande sonore raconte un trajet, un petit voyage. Peut-être que ça pourrait évoquer les bruits de l’artiste venant des coulisses." Et Abbi de se déchausser. Il marche jusqu’au fond de la salle et mime son entrée sur scène, marche, sans chaussure, ni chaussette, au rythme des bruits de pas enregistrés... Effet comique, intriguant. Et si seuls les pieds nus d’Abbi étaient d’abord éclairés ? Est-ce qu’on voit Abbi déambuler ou le découvre-t-on une fois la salle plongée dans le silence ?

Michel : "On fait de la musique avec ces bruits. Ce n’est pas logique, ça ne doit pas être régulier. La matière brute du son est là, belle. Il faut la mettre en musique, organiser les sons, en fonction de l’intention, en fonction aussi de la scénographie."

Et si le public était plongé dans la pénombre dès le début : on est plus attentif à l’ambiance sonore, dans l’obscurité...

Puis commence un travail sur l’une des histoires, qui évoque New York, les Twin Towers, le 11 septembre... "Pourquoi ne pas démarrer par quelques accords juste plaqués ?", propose Michel. Abbi, qui a appris et travaillé au piano la mélodie composée par Michel, se met au clavier et joue. Il joue et rejoue cette mélodie. On sent qu’il se l’approprie, tout se précise. Alexis, silencieux, attentif, lance l’enregistrement de la mélodie jouée par Michel. Commence un jeu entre la mélodie jouée en direct par Abbi et celle de la bande enregistrée. C’est un faux air de blues, un peu angoissant, entêtant, au tempo faussement tranquille... Il va se passer quelque chose, nous annonce-t-elle... Michel se lève, va vers Abbi, le conseille sur le tempo et le jeu.

Abbi s’amuse avec le fait que la bande-son lui permette de jouer "sans les mains". Et si le piano se mettait à bouger quand la bande prend sa relève ?

Abbi : "Je joue, j’arrête de jouer, ça continue. Et je parle..." Il essaie quelques borborygmes pour laisser peu à peu la place à la voix, pour introduire l’histoire. Il tente une litanie de noms, les noms des morts du 11 septembre. Il se met à raconter.

Et déjà s’arrête : il nous regarde éberlué et nous demande si nous avons entendu parler des sauveteurs du Wolrd Trade Center qui meurent aujourd’hui de ne pas s’être suffisamment protégé de la poussière produite par l’écroulement des tours. "Mon texte n’est déjà plus juste, il va continuer à évoluer avec l’actualité..."

Peu à peu, ils prennent leurs marques, balisent le texte avec les interventions du piano, de la bande-son. Michel : "J’ai besoin qu’on écrive, qu’on détermine une structure."

Il reste tout un travail technique délicat à effectuer pour entremêler la voix, le piano, le souffle, et les "petits sons"... pour mettre en valeur les histoires.

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