Partagez vos histoires de portes

Quitte à plonger avec nous dans le quotidien de cette création, pourquoi ne pas, vous aussi, partager vos souvenirs, vos anecdotes, vos "histoires de portes" ?

Il suffit qu’une ou plusieurs portes constituent un élément important de votre histoire et que votre texte tienne dans l’espace qui vous est imparti... ICI.

Petite précision : fidèles à l’esprit du conteur contemporain, nous n’hésiterons pas à picorer dans vos histoires, à les modifier, et même, selon l’humeur, à les mettre en ligne...


Avenue du Château

Histoire envoyée par Rosalie Copier, 38 ans, Bourg-la-Reine (94).


Avenue du Château. Avec un nom pareil, pas difficile de se faire une certaine idée du quartier. Ici, des maisons construites en pierres il y a une centaine d’années ; des arbres hauts ; des jardins très verts et des propriétaires jaunis, le pas lent et le dos courbé. Les habitations bourgeoises sont imposantes, protégées, soignées. Silencieuses. Recroquevillées sur leur jardin clos. Habitant au rez-de-chaussée de l’une de ces anciennes maisons, nous n’avons, pour nous protéger de la rue, ni jardin, ni arbres protecteurs, juste quelques rosiers décatis, un houx antipathique et une vieille grille. Notre porte d’entrée ouvre sur une longue ligne droite d’une centaine de mètres. Une longue perspective perpendiculaire à l’avenue du Château. Tout au bout, la rue du Bouvier. Avec le secret espoir qu’elle ait à voir avec "l’usage du monde". Ceci expliquant cela, lorsque nous sommes chez nous, nous laissons souvent notre porte d’entrée ouverte. Matin, midi et soir... Parfois nous pique-niquons, lisons, fumons une cigarette, assis sur les escaliers, face à la rue, les phares des voitures se dirigeant droits sur nous, éclairant directement notre entrée-bureau-salon. Avant de tourner à droite ou à gauche, les automobilistes marquent un temps d’arrêt, surpris de nous voir là, face à eux. Drôle de sensation de partager une intimité étrangère, j’imagine.
Une nuit d’été tardive, toujours maison ouverte, des policiers se sont arrêtés là, plusieurs minutes, inquiets, attendant de voir quelqu’un bouger. Entendant le bruit persistant d’un moteur, je suis sortie et me suis entendue dire : "On était inquiet, on a cru à un cambriolage. Faîtes attention quand-même avec cette porte grande ouverte", enfin, "vous devriez peut-être la fermer. On ne sait jamais..."

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