
Edito Paroles d'un jour, par Abbi Patrix Les complices
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Ma première histoire de portes en Avignon
3 juillet 2007
Nous nous installons à Avignon pour le mois de juillet.
Le spectacle à la Manufacture, porte Thiers, et la Compagnie pour la vie quotidienne dans une maison à 10 mn en vélo. Jusque là tout va bien.
Premières répétitions, puis l’après midi ateliers collectifs "P.b.s", autrement dits "petits boulots sympas" : cartons, colle forte, affiches et bandeaux, ficelles et ciseaux.
Tout est stocké dans un caddie d’emprunt, et c’est la première sortie d’affichage, Avignon off oblige.
La nuit est tombée et l’équipe au complet a quitté la maison me laissant seul pour une révision de mes textes.
Tout va toujours bien. Travail concentré, minuit la fatigue, je quitte la cabane au fond du jardin où je travaille pour faire un tour. Je découvre avec étonnement que l’équipe est partie laissant toutes les portes ouvertes, maison, jardin, rue, toutes !
La voix de la propriétaire résonne encore de ses avertissements : « ici c’est Avignon, l’été ,on est souvent visité, fermez bien toutes les portes à clefs ».
Toujours la même histoire, des peurs, des portes, des clefs.
Bon, tout ne va pas trop mal, je ferme toutes les portes et je vais me coucher, portable éteint « bonne nuit » !
Ça commence ! 1h30 du matin, en plein sommeil un son non identifié résonne, insistant.
À moitié endormi je tâtonne sur les murs et découvre un interphone : « Allo Abbi ? C’est nous ! on a oublié nos clefs. » Tous ? ils l’ont fait exprès ou quoi !
Je quitte ma cabane, traverse le jardin, j’entre dans la maison, mais pour ouvrir la maison il faut les clefs, moi aussi je les ai oubliées.
Ça continue, je grommelle, je retourne vers la cabane, je prends mes clefs, reviens vers la maison et là dans un effet d’optique dû au reflet de la lune, je ne vois pas la porte en verre que j’ai refermée sans réfléchir.
Ça s’accélère, je suis réveillé, j’ai pris de la vitesse, et là, je me prends la baie vitrée en plein front, je chancelle et retombe dans la position allongée que je viens à peine de quitter, les clefs dans la main.
Assommé mais rassuré : malgré mon obsession pour les portes, je ne traverse pas encore les portes !
Je retrouve mes esprits, ouvre les portes et tout le monde va se coucher, bien à l’abri.
Le lendemain au réveil, le front toujours sensible, je repense à notre aventure nocturne, notre première histoire de portes en Avignon, il en fallait bien une.
Mais qui provoque qui ?
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