Abbi Patrix a proposé à un certain nombre d’artistes de le rejoindre sur la création du spectacle Les Portes. Vous découvrirez ci-dessous les portraits de ses complices, agrémentés de courts témoignages sur leur participation au projet.

Ecrivain "oralo-scriptologue", Nathaël Moreau oeuvre pour la parole contée. Collaborateur régulier de la Compagnie du Cercle, il a notamment participé, en tant que conseiller artistique et écrivain, au projet Y a-t-il un conteur dans la ville ? (2000) et à la création d’Éclats d’histoires (2001) pour le Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry. Ecrivain, il a publié plusieurs ouvrages liés au conte et contribue comme auteur et intervieweur à la collection "Conteurs en scène" aux Éditions Paradox. À La Maison du Conte de Chevilly-Larue, il prend part aux recherches du Labo. De plus, il anime des ateliers d’écriture, des stages d’expression, de collectages et de développement personnel.


Abbi et moi avons d’abord une très profonde et très ancienne amitié. Nous avons chacun suivi notre voie, mais, depuis trente-cinq ans, nous nous rencontrons pour des échanges profonds. Abbi me sollicite souvent quand il a besoin de parler pour s’entendre. C’est pour moi l’occasion de chercher, de nourrir l’artiste qu’il est, tout en restant dans l’ombre, ce que j’apprécie. Nous avions déjà collaboré sur Au bout du monde et Le Compagnon. Au départ, on ne savait pas que le spectacle s’appellerait Les Portes, on était plutôt sur l’idée d’Un monde s’emporte, puis d’Un monde sans portes... Abbi m’a d’abord beaucoup parlé des portes dogons. Il m’a demandé de m’intéresser aux ouvrages de Calame-Griaule et d’être attentif aux motifs de la porte, du seuil... Je me souviens que la première chose que j’ai faite à ce moment-là fut de regarder dans l’Encyclopédie Universalis les textes relatifs à la porte. Le travail a commencé comme ça, en forme d’échanges autour des mots. Très vite j’en suis venu à m’intéresser aux portes psychologiques. J’ai lu le magnifique livre d’entretiens de Geneviève Calame-Griaule et Praline Gay-Para* où il y a tout un échange autour de la naissance du langage. Le langage ouvre, il est la première porte propre à l’être humain, il est cet aller-retour constant à travers cette porte qu’est la bouche... Il n’y a pas de laisser-aller, de facilité quand nous travaillons ensemble. Parfois Abbi n’est pas content de mes remarques. Alors je prends de la distance, j’attends et on finit par reparler de ce qui l’a gêné. Je pense que Les Portes est un projet de maturité. Je sens comme un tournant. C’est un projet qui va bouger, qui va demander du temps et une grande exigence. Peut-être qu’Abbi a autre chose à dire aujourd’hui et qu’il rentre dans une forme d’urgence de transmission et d’éveil.

* La parole du monde - Geneviève Calame-Griaule et Praline Gay-Para - Le petit Mercure - Mercure de France